Sa jeunesse
"Conduis-toi en homme, ça doit remonter à mon enfance. Je vois très bien mon père me dire ça. Mon père ou Saint-Exupéry."
Desproges, portrait de Marie Ange Guillaume
"J ’ai eu une enfance ennuyeuse mais pas malheureuse."
Les Numéros 1 de demain d’Olivier de Rincquesen EUROPE 1 1984
"Je n’ai jamais eu la chance de vivre une enfance malheureuse. Je n’ai jamais prospecté dans les poubelles à la recherche d’une improbable nourriture… "
PARIS Village propos recueillis par Zoé Cadiot 1986
« Je me sens bien dans ma peau maintenant que j’ai quarante-sept ans. Ce n’est pas quelque chose que j’ai senti à chaque époque de ma vie. Et quand je fais un retour en arrière, je n’ai aucun regret … La jeunesse, pour moi, ça représente des boutons sur la gueule… Un malaise, c’est une idée de malaise.
"J’ai été un adolescent boutonneux", boursouflé d’acné et d’amour raté … C’est une période triste où je n’étais pas décisionnaire de ce que je faisais alors que je suis très individualiste, très indépendant. Je dépendais de ma famille, de mes maîtres… L’enfance, je n’aimais pas, je me suis emmerdé."
La Seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute
Entretien avec Yves Riou et Philippe Pouchain

"J’ai fait tous les métiers sauf prostitué : j’ai horreur qu’on me souffle dans le cou quand je cherche le sommeil."
La Seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute / Entretien avec Yves Riou et Philippe Pouchain
Traumatisme !
Ma maman me faisait porter des pantalons de golf. J’étais habillé en Tintin ! J’avais le pantalon de golf et les chaussettes écossaises à l’heure où les premiers parvenus portaient des blue-jeans. Ça, j’en ai beaucoup souffert. Maman, je ne te pardonnerai jamais.
L’agenda de… Pierre Desproges / Emission de Nicolat Hulot sur France Inter octobre 1986 /Je n’ai rien fait socialement avant trente ans
Je n’ai rien fait socialement avant trente ans, je n’avais pas envie de faire quoi que ce soit. Je n’ai jamais pensé une seconde faire ce que je fais aujourd’hui. Ni quoi que ce soit d’ailleurs.(…) J’avais un tempérament d’artiste. Je n’étais pas banal, pas « normal » si on prend l’employé de banque comme étalon de base de la normalité. En revanche j’écrivais beaucoup, je composais des chansons, j’enregistrais plein de choses sans jamais penser les faire entendre à quelqu’un, encore moins en faire un métier.
Mais comment comptiez-vous vivre ?
Je ne comptais PAS vivre ! J’ai eu une adolescence épouvantable. J’ai fait des études pour rester dans la coquille de l’enfance en essayant d’en sortir le plus tard possible. Et quand est venu le moment du service militaire, j’ai senti que là, je ne pouvais plus éviter de basculer dans quelque chose d’obligatoire. Le service militaire a été ma première obligation sociale depuis les louveteaux. J’ai eu à ce moment-là une véritable panique devant la réalité de l’existence. J’étais un peu kafkaïen, pas bien dans ma carapace. Je ne sais pas pourquoi je n’ai même pas essayé de ne pas le faire. Je m’en suis voulu par la suite de ne pas avoir eu de révolte. (…) Ce fut vingt-huit mois d’incarcération qui m’ont renforcé dans la haine des groupes que je tiens depuis les louveteaux.
Qu’avez-vous fait comme études ?
Tout et rien, sans y croire. Pareil. J’ai fait des études paramédicales. Deux années de kinési, mais absolument sans la moindre envie, avec la certitude que JAMAIS de ma vie je ne deviendrais kinésithérapeute.
Que faisaient vos parents ?
Mon père était prof de maths, proviseur de Lycée. Et moi, j’étais nul en maths, plus que nul.
Et comment réagissait le père proviseur ?
C’était un brave homme de père… Le drame avec mes parents a eu lieu lorsque j’avais quinze ans. Lors d’une sorte de conseil de famille, mon père m’a dit : « Mon petit, ta mère et moi, nous nous sommes aperçus que tu avais un comportement de fantaisiste. Donc tu seras fonctionnaire. »
Votre réussite les a-t-elle fait changer d’avis ?
Absolument pas. Dernièrement, après une émission que j’ai faite pour la télé avec Jérôme Garcin, ma mère a dit : « C’était bien, mais il n’avait pas de cravate. » Voilà ce qu’elle avait retenu de ma vie ! Ils ont toujours été comme ça. Lorsque Jacques Martin m’a appelé pour faire le Petit Rapporteur, leur premier réflexe a été : « Ne quitte pas l’Aurore. Tu as une situation, tu es payé au mois, surtout ne t’en va pas ». Idem lorsqu’au bout de six mois j’en ai eu marre. Malgré la preuve que j’ai, non pas raison puisque je n’ai jamais mené de combat, mais qu’enfin je vis bien ma vie, ils n’ont jamais compris. A 46 ans, je suis toujours pour eux un môme, un fantaisiste avec un bonnet d’âne qu’il faut continuer de surveiller, sinon il va encore quitter le ministère !
PIERRE DESPROGES : Mes 20 ans
Je ne suis pas sociable...
Mes parents m’avaient mis en pension, et je ne suis pas du tout fait pour ça, je ne suis pas sociable. Brassens disait : « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons », moi je pense que c’est quand on est plus de deux, même plus d’un. (…) J’étais prêt à tout pour en partir — à faire semblant d’être malade, à me suicider à moitié. J’étais anormalement peu doué pour la vie communautaire et traumatisé par la séparation — surtout d’avec ma mère. Au bout de trois mois, comme c’était intenable, le proviseur a dit : vous pouvez le reprendre, j’avais 13 ans, et ma mère m’a accueilli à Paris sur un quai de gare, et elle m’a dit : "Oh lala ! Tu as les cheveux longs !"C’est la première chose qu’elle m’a dit. C’était un détail et je ne lui en ai jamais reparlé, mais c’est quelque chose que je porte encore. La preuve, c’est que je pourrais vous décrire les gens dans cette gare, la couleur de ma valise, la couleur du chapeau qu’elle portait. (…) Je l’ai ressenti comme une incompréhension fondamentale…
Entre les lignes, entre les signes / une émission de Françoise Hardy sur RMC /L’enfance de Pierre Desproges vue par le Docteur Renaud (psychologue)
Il y a un blocage chez vous… une difficulté face aux femmes… c’est l’âme du petit Pierre Desproges qui a des difficultés avec la gente femelle…
Ah bon !!! En tout cas, les difficultés que j’ai eues avec la gente femelle, cela serait plutôt avec ma mère qu’avec ma femme ou mes maîtresses…
Vous me l’apportez sur un plateau. Le petit Pierre face à l’image maternelle, c’est ce que j’avais subodoré enfin vous êtes passé par-dessus…
Par-dessus ma mère ! Jamais, je n’oserais pas…
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