L'individualisme
J’ai le plus profond respect pour le mépris que j’ai des hommes.
Fonds de tiroir
Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu’un épouvantable doute m’étreint: suis-je bien de cette planète? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs?
Chroniques de la haine ordinaire
J’aime mieux me faire chier tout seul que d’être heureux avec les autres.
Textes de scène
J’ai horreur des partouzes organisées. Je n’ai rien contre les élans librement consentis qui peuvent parfois précipiter les uns dans les autres les sacripants bronzés d’un déjeuner sur l’herbe de juin, où l’ivresse mêlée des senteurs d’herbe et de rosé frais peut pousser la secrétaire bilingue à se mélanger les langues, et l’ingénieur des ponts déchaussé à trousser à peine sa cousine assoupie contre le ventre offert et demi-nu que sa camarade de promotion du collège Sainte-Thérèse laisse frémir à la brise. Il est monnaie courante, et gentiment accidentel, que la caresse infime d’une bouche mutine de cheveux fous vienne faire bander un peu la molle pointe brune auréolant le sein au bois dormant de n’importe quelle camarade de promotion du collège Sainte Thérèse. La faute en incombe à Dieu qui inventa le vent du sud pour affoler les entrejambes honnêtes des Hétéro sapiens. On ne saurait en l’occurrence parler de partouze.

Mais, chez Priscilla de Lorgasmonte l’érotisme ne doit rien au hasard. Ici, le déchaînement pluricaleçonnaire est aussi méticuleusement organisé qu’une visite à Chambord d’un troupeau de photomanes nippons. Pour peu qu’ils aient l’humour aux aguets et le sens critique à l’affût, les baiseuses forcenées et les bitailleurs insatiables auront intérêt à les laisser au vestiaire avec leurs sous-vêtements et le sens aigu de leur dignité. On ne peut pas s’envoyer en l’air quand on a le moral en bas.
Vivons heureux en attendant la mort
Les références de Pierre...
Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c’est ma règle et j’y tiens.
Au faisceau de phallus on n’ verra pas le mien.
Le pluriel Georges Brassens
QI 130 !
J’ai un quotient intellectuel de 130.
Cela signifie que j’ai un niveau d’intelligence exceptionnel. C’est important, l’intelligence.
L’intelligence, c’est le seul outil qui permet à l’homme de mesurer l’étendue de son malheur.
L’intelligence, c’est comme les parachutes. Quand on n’en a pas, on s’écrase.
!
! Théâtre Grévin / Tôt ou tard /Je manifeste toujours tout seul...



Je manifeste toujours tout seul.
Quand on est plus de quatre on est une bande de cons. A fortiori, moins de deux, c’est l’idéal. (…)
Au reste mes idées sont trop originales pour susciter l’adhésion des masses bêlantes ataviquement acquises aux promiscuités transpirantes et braillardes inhérentes à la vulgarité du régime démocratique imposé chez nous depuis deux siècles par la canaille régicide.
Qui, parmi vous qui êtes ici ce soir et qui ne semblez globalement pas plus hébétés que le commun des électeurs, qui accepterait de se lever publiquement, comme j’ose le faire, pour exiger l’extermination des mercières, le rétablissement de la peine de mort pour les chanteurs illettrés, l’émasculation des architectes paysagistes et l’interdiction de stationner devant chez moi.
Théâtre Grévin / Tôt ou tard, Éditions du Seuil /
Desproges s'explique...
Quand on sombre dans l’âge adulte on a envie de s’individualiser un peu, moi, je suis devenu individualiste hystérique.
Europe1, les N°1 de demain d’Olivier de Rincquesen
« Je hais les foules qui vont au même endroit en marchant ensemble, même quand elles ne portent de casques. »


L’Événement du jeudi, 2 octobre 1986
« J’ai horreur du travail en équipe, j’ai horreur de la chaleur humaine. Quand les hommes font autre chose que de la musique en bande, ça se termine toujours au Heysel. »
Le Progrès de Lyon, 20 mars 1987
« Je ne suis pas un moraliste, car un moraliste défend des idées. Moi, je n’ai pas l’intention de convaincre, je parle pour moi. J’essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je ne défends pas. »
Libre Belgique, Claire Diez 21 janvier 1988
R/P: Tu revendiques l’individualisme. Est ce que tu travailles en groupe ?
PD: Chaque fois que j’ai essayé, je me suis planté. Et pourtant j’en ai eu souvent envie. Pas vraiment en groupe mais à deux j’ai essayé, avec une comédienne qui s’appelle Evelyne Granjean, une bonne comédienne. On a fait un café-théâtre en 77 et… Ce n’est pas quelque chose dont j’ai honte, c’était pas mal, mais on a écrit à deux en six mois trois quart d’heure de spectacle alors que tout seul en deux mois je fais du meilleur travail. Et ce n’est ni de sa faute ni de la mienne… Avec Luis Régo j’ai fait une tentative pour les Flagrants Délires, on a écrit à deux une plaidoirie-réquisitoire, il a failli me tuer, il a failli m’occire, c’est horrible, on a mis quatre jours, à la campagne, en s’enfermant. Ce n’était pas bien. Je ne sais pas… Je suis trop autoritaire peut être, je ne sais pas.
La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute
Entretien avec Yves Riou et Philippe Pouchain
R/P: Tu as dit "J’ai l’impression d’exister que si je dis le contraire des autres."
PD: Oui, c’est un peu de la provocation mais ça rejoint ce besoin hystérique d’individualisme. Quelquefois c’est vrai, je suis d’une mauvaise foi, sans m’en rendre compte sur le moment, par besoin d’oxygène…
La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute
Entretien avec Yves Riou et Philippe Pouchain
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16 commentaires

D'une part, dans "Desproges, portrait", Marie-Ange Guillaume rapporte (la vilaine !) que Maupassant était un auteur qu'il a lu ; d'autre part, lorsqu'on lit ce passage de la nouvelle intitulée "Sur l'eau", on retrouve cette notion d'individualité qui préserve les facultés de décision et de réflexion.
"Que de fois j’ai constaté que l’intelligence s’agrandit et s’élève, dès qu’on vit seul, qu’elle s’amoindrit et s’abaisse dès qu’on se mêle de nouveau aux autres hommes. [...] Un flux et reflux d’idées va de tête en tête [...] et un niveau s’établit, une moyenne d’intelligence pour toute agglomération nombreuse d’individus.
Les qualités d’initiative intellectuelle, de libre arbitre, de réflexion sage et même de pénétration de tout homme isolé, disparaissent en général dès que cet homme est mêlé à un grand nombre d’autres hommes." (Maupassant, Sur l'eau, 1888).
Ainsi, Maupassant a peut-être été une source d'inspiration pour Pierre Desproges.



J'ai suivi "je ne suis pas n'importe qui" diffusé ce soir sur france 5. Je me demandais si il existait un Cd, ou un site de téléchargement légal, où serait enregistrée la "chanson saugrenue" qui servait de générique de fin à ce documentaire.
Réponse:
Il n'y a pas encore de DVD, mais ça peut venir... Quant aux chansons, elles ne sont pas disponibles.



GE leininger
Les Zélus
… quand l’humour et la dérision répondent aux manques politiques
Tome 1
Tome 1 : La rencontre avec Alexis
A l’origine de ce texte, un événement particulier : le dit Alexis reçoit en Mai 2005, une délégation associative locale. Il exprime alors son mécontentement incompréhensible et ses craintes absurdes en une logorrhée sans fond dont il ne ressort que l’envie farouche de supprimer la modeste subvention de ce groupe existant depuis 1985. Malgré les engagements pris, la subvention sera retirée non pas l’année suivante selon les menaces faites, mais la même année de cette rencontre, et ce, à titre définitif, sans raison ni explication, comme cela se pratique dans certaines municipalités extrémistes.
D’où ce récit de la rencontre.
Il me souviendra longtemps de cette rencontre dont je me serais bien passé, tant elle fut la démonstration que gauche rime avec maladroit, et/ou que la gauche semble ne pas aimer le droit et préférer aller de travers, avec Alexis, ainsi nommé -de a, privatif, et lexis, les mots, en grec- car il a, un jour, décidé de ne pas lire mes courriers, comme vous le verrez plus loin si, contrairement à lui, vous ne vous arrêtez pas à ces premières lignes.
Je voudrais bien sûr, il me semble utile d’apporter cet élément de précision et de réflexion purement culturel, que vous ne voyiez pas dans mon utilisation de l’étymologie qui nous vient de chez les Grecs, un quelconque souhait ou conseil de ma part, qu’Alexis aille s’y faire voir. Mais cela lui ferait le plus grand bien : cette civilisation a beaucoup fait pour la rhétorique (qui, malgré la ressemblance, n’a aucun lien de parenté avec l’ornithorynque), pour la tragédie et aussi pour la comédie : certains élus et proches semblent s’en être inspirés, tant ils ont su déclamer des palabres verbeuses souvent/fréquemment, veuillez rayer la mention inutile, en des phrases bien tournées alors qu’ils avaient déjà mal tourné (Cf. les autres tomes de Les Zélus) …
A propos de comédie, on a beaucoup dit sur les clowns, que ce ne sont pas des gens sérieux, etc. Or, notre monde moderne qui ne fait pas que cultiver les basses affaires politico-économiques et les bisbilles entre responsables de partis s’auto proclamant premiers secrétaires, et heureusement, a développé ces dernières années des actions, bien plus élevées que celles de la Bourse : celles de clown, au point qu’on en trouve un peu partout, dans le monde de l’entreprise, dans les hôpitaux, dans certains conseils municipaux (mais là, ils ne font pas exprès …). On en trouve même au cirque, bien que mes récents séjours à Navacelles et Gavarnie ne m’aient pas permis d’en croiser un seul. Incroyable, non ? Les USAiens, très doués dans ce domaine si on fait référence au président qui achève son second mandat successif, ont leur clown, très connu, Georges, qui est un acteur aussi, celui dont ils disent « Georges clown est ! », et qui les fait rire à georges déployées.
Mais où en étais-je ? Et pourquoi est-ce que j’en suis venu à vous parler des clowns ? Ah oui, Alexis. Donc, à peine étions-nous entrés dans son antre, que le Grincheux m’est tombé dessus à bras raccourcis. Enfin, je dis qu’il m’est tombé dessus, je devrais dire plutôt que le nain nous est tombé dessus, car je n’étais pas venu seul, mais accompagné du Vice-président et du Premier Secrétaire de l’assoc’, sans savoir à quelle assoc’ on allait être mangé. Notez bien que je dis le nain parce que de tels bras raccourcis ne peuvent appartenir qu’à ce genre de sauvageon, et ne voyez surtout là aucune référence à une quelconque petitesse de cet ayatollah municipal qui manie la matraque verbale et le fouet discursif avec un brio inversement proportionnel à sa capacité à écouter son interlocuteur, ni une quelconque critique vis-à-vis des gens de petite taille et du nanisme en particulier, que celui-ci soit la conséquence d’une pathologie ou un choix de vie personnel. Toujours est-il qu’Alexis avait décidé, ce jour-là, de se montrer petit.
Apparemment, il était en pétard : en avait-il fumé un avant de nous recevoir ? Je l’ignore, et même je dirai plus : je n’en sais rien. Toujours est-il qu’il nous a allumés. J’ai pensé que comme il appartient à une municipalité socialiste, du moins c’est ce qui se dit, il s’appliquait à nous envoyer sur les roses … Peut-être était-il plein de bonnes intentions ?... ou plein tout court, et beurré comme un petit éLU ? Je compris alors que cet homme qui, par son poste est si proche de ses supporters, devait être difficile à supporter ; on m’avait dit que c’était une pâte : j’en doute, il n’a pas de nouilles. Et pour finir avant de continuer afin de poursuivre, je crois qu’au lieu de se prendre pour Laporte, il aurait mieux fait de la prendre ou de la fermer.
Donc, Alexis avait décidé ce jour-là, de ne pas suivre la sagesse populaire qui veut qu’un politique tourne toujours 7 fois sa langue de bois dans sa bouche, et de nous soumettre à une électrocution plutôt que faire preuve d’une véritable élocution. Nous décidâmes spontanément, sans même nous concerter, de le laisser braire, puisque après tout, il nous recevait chez lui, enfin, dans son bureau municipal, apparemment bien décidé à se faire entendre et surtout à ne pas nous écouter, ce qui ne pouvait que lui éviter de réfléchir sérieusement. Non mais, sans blague ! Il n’allait pas se laisser emmerder par trois citoyens représentant une mini association mise au ban depuis au moins deux décennies et comptant à peine une trentaine d’adhérents ! Scrogneugneu !
Et la séance suivit son cours. Vous noterez bien que je ne dis pas son court sur pattes qui pourrait évoquer une petitesse d’esprit qu’un élu ne saurait afficher ni cultiver, et l’affreux me signifia d’entrée, qu’il ne lirait plus mes courriers, avant de se lancer dans un long monologue monocorde, monotone et monothymique à faire suinter le marbre de notre belle mairie, de pleurs inconsolables et de larmes irrépressibles. Moi qui avais envie que cet élu m’ait lu … pourquoi ne m’a-t-il pas lu ? Cette attaque de pas-lu-disme me navrait.
Sa secrétaire et les deux membres de l’association qui m’accompagnaient ont été témoins patients et passifs, tant il ne nous laissa même pas l’occasion d’en placer une seule, alors qu’on en avait de bonnes et sûrement plus sérieuses, de cette longue élucubration logorrhéique et généreuse dans la quantité, à peine teintée de nuances sensées, manifestation de la pensée unique dogmatique de petit marquis et pseudo puritaine digne du dernier buveur de piquette infâme au fond du plus sombre bistro des quartiers toulousains les plus reculés et les plus mal famés dans lesquels Sarko lui-même n’irait même pas donner du karcher. Car enfin, je me le demande encore, et par cette même occasion, je vous le demande et je le demande aussi à Brigitte Bardot dont on sait le goût et le penchant noble et dévoué pour la défense des quadrupèdes et autres tétrapodes, des biptères et des tétra-nageoires, des reptants et des nageurs terriens, batraciens de compagnie et autres dipneustes, comment un élu municipal muni d’un quotient intellectuel, même moyen, apte à déterminer que 3 et 2 font 5, du moins je crois, si mes souvenirs sont exacts, comment peut-il se laisser aller à tenir de tels propos, en présence de ses murs dont on dit qu’ils ont des oreilles, et de son assistante sans que l’on sache si l’oncle est assis aussi et dans les parages ? O! Parages … O ! Désespoir …
Mais je m’égare Montparnasse et retrouve mon rail avec entrain.
Comment, donc, poursuis-je, cet homme … Mais en est-ce un vraiment ? J’en viens tout à coup à douter : c’est, soudain une étrange sensation et un immense trouble qui s’emparent de moi et m’oppressent en cet instant, alors que j’écris ces lignes, au moins semblables à ceux ressentis le jour où j’ai compris que le Père Noël n’existait pas. Oui, je doute et je re-doute dont le catalogue pourra vous être fourni sur demande en appelant directement le service clients ou par e-mail : une telle lâcheté ne se trouve que chez les vendus de tous bords, les faux coiffeurs coupant des faux tifs chez des sport-tifs, ou encore chez des banquiers véreux arnaqueurs de clients, tirant des faux taux, selon un cliché populaire nourri des objectifs bancaires qui font de nous de pauvres zoomo-sapiens, et avec lesquels Alexis tient peut-être commerce … Comment ce pseud’homme, disais-je et y reviens-je tout en retournant à cette question fondamentale presque existentielle et essentielle dans la question démocratique qui nous occupe ici et dont il se fiche éperdument, comment, muni par le menu d’un mono-pouvoir municipal, pouvait-il assurer l’irresponsabilité de nous supprimer un droit associatif élémentaire et rester autistement indifférent aux communications du citoyen digne de ce nom que je crois être, à moins qu’il ne me considère de la France d’en bas, selon une expression raffarine complète, me situant ainsi à la cave de la république, ou encore au sous-sol de celle-ci ? Comment pouvait-il, comme ça, d’un avis monarchique non éclairé, et de façon aussi autoritaire que lorsque sa douce lui dit de ne pas oublier de faire la vaisselle et de passer un coup de balai, décider de supprimer notre mini-subvention municipale associative comme on le voit faire dans les communes gérées par des régimes d’une autre époque de sinistre mémoire qui prennent la démocratie pour de la foutaise ? Et comment cet homme en venait-il tout à coup, à non seulement ne pas donner d’argent mais en plus à ne pas prêter l’oreille à nos remarques ?
Peut-être trouve-t-il que j’ai l’air trop concitoyen ?...
Cela se voit : cet homme porte sur lui, en plus d’un caleçon de couleur pastel, selon les dires de sa vendeuse préférée dont je tairai le nom de la boutique par pure envie de ne pas insérer de publicité de manière clandestine et inopinée, qu’il possède un sens puissant du raisonnement, et le lecteur notera bien que je ne vais pas jusqu’à dire qu’il résonne, mais on n’en est pas loin. A le voir, on devine derrière sa masse sourcilière, une lueur d’intelligence à faire frémir l’ancêtre de Neandertal, sa sœur et son oncle réunis en conseil de famille, une lueur capable de percer les plus innommables ténèbres, d’illuminer l’ensemble de l’humanité percluse de misères et de pestilences morales, de soubresauts fiévreux et compulsifs, mais capable dans le même temps, malgré sa misérable condition, de nourrir pourtant un espoir affaibli mais vivant, de voir enfin, un jour, ou peut-être une nuit, près d’un lac où elle se sera endormie, des politiques justes, humains, honnêtes, francs, simples, désintéressés, au service et à l’écoute du peuple qui les a élus, tant au niveau national, qu’à celui mondial et aussi local … Oui, je sais ce que vous en pensez, cher lecteur : c’est pas gagné, comme on dit en langage populaire mais on peut rêver, et c’est une belle utopie que celle-là, vous vous en doutez, surtout si on considère les dernières élections du Parti …
Mais je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie tant cette situation nous a montré combien les politiques de tout bord et à tous niveaux de ce pays, ont un point commun sur lequel ils s’entendent très bien : le foutage de gueule du populo basique. Et on n’est pas près d’y arriver quand on voit des ostrogoths comme celui dont je vous cause aujourd’hui ; heureux nos descendants dans x générations qui auront, enfin le loisir de voir ce changement-là, en plus de celui de partir 15 jours au bord de la mer pendant les congés qu’on leur accordera peut-être, à condition toutefois, que les mœurs du dénommé Alexis ne se généralisent pas, car si au niveau d’une municipalité comme la nôtre, on trouve de telles exactions autoritaristes et despotiques, injustes et incontrôlées, alors c’en sera fini de la démocratie (vous voudrez bien m’informer si elle est sortie du coma, à Colomiers), et ce sera alors une réelle catastrophe.
Cette lueur, donc (j’espère que vous suivez, car je n’ai pas l’intention de me répéter) apte à pourfendre la nuit de l’esprit, à dissiper l’obscurité de la conscience humaine, au point de concurrencer le lampion en terre cuite bleue à trois euros cinquante chez Carrefour, en vente dès Lundi prochain, stock limité, présente une logique à faire frémir le plus élevé des mathématiciens, le plus doué des schizophrènes même en pleine accélération, le plus einsteinien de jardin parmi les plus calculateurs de la planète. C’est un homme brillant, on l’aura compris, on pourrait presque dire lumineux, possédé du génie, et sans bouillir, SVP, sauf quand il se met en colère où là, apparemment, ses capacités fondent comme les actions que mon grand-père croyait sûres au moment de la crise boursière actuelle, lui qui n’avait eu, jusque là, confiance qu’en son bas de laine, ce qui, on en conviendra est bien plus confortable en ces périodes fraîches d’entrée en hiver. S’étant payé le Lux d’éclairer suffisamment, avec un peu d’entraînement, pour réussir à s’inscrire aux compétitions de lucioles, lui qui déclare avec le philosophe antique : Rien de ce qui est lumen ne m’est étranger !... c’est vous dire la lumière qu’on a la chance d’avoir au Conseil municipal, Alexis est très apprécié de sa secrétaire qui le bade gentiment et indulgemment. Elle le caresse de son regard maternel, voire même mammairnel, de son attitude presque aimante, peut-être même amante, si possible non religieuse si Alexis veut garder sa tête. Mais l’a-t-il toujours ?
Sous les boucles enfantines et généreuses de sa chevelure ondulée, les vaches aussi, d’ailleurs, dégageant un front légèrement bombé, l’œil pétillant, la lèvre humide, l’orteil en position de départ pour mieux répondre lorsqu’il l’appelle à son fauteuil pour lui dicter un courrier ou les éloges de la môme Paf (voir ce tome), elle le suit moutonnement, lui, son berger, son montagnard, son pasteur des alpages pyrénéens si proche des cimes intellectuelles et des nuées voluptueuses où il bavarde avec les anges et leur raconte les dernières conneries du moment, lui, son yéti téléphone maison, son pâtre fournisseur de fromages de chèvres élevées en plein air dans la campagne columérine à l’agenda 21 si performant, ou en Charente ou dans les Deux-Chèvres, lui, son berger qui me fait gerber avec son bâton qui n’est pas de berger, mais qui lui sert à mener ceux qu’ils prend irrespectueusement pour un troupeau stupide ou une marmaille hébétée tout juste bonne à produire et à consommer comme de simples agneaux, lui qui finalement est tout juste bon à brouter l’herbe columérine plutôt qu’à la faire brouter aux autres.
A la croque sel, je vous assure, ça a de la gueule.
Est-ce la proximité des chèvres qui lui a donné envie de prendre notre association pour bouc émissaire ? Ou bien la proximité et la fréquentation d’une ancienne légionnaire qui avait le ciel dans ses yeux et sentait bon le sable chaud, venue trimbaler son képi au Conseil municipal durant plusieurs années, ce qui lui faisait penser que si elle avait un couvre-chef, c’était bien la preuve que c’est elle la chef (lire à ce sujet un tome prochain : La légionnaire), en sachant que d’elle ou d’Alexis, j’ignore lequel des deux faisait la femme ?
Je croyais que ce genre de décisions n’était connu que du côté de ces cités perdues de Provence, où sévissent les pitbulls du FN. Notre petit chef des sports aurait-il quelques sympathies pour les méthodes lepénistes ? Je ne vois d’autres lieux où des pratiques comme celles de ce Seigneur des agneaux ont cours, qu’en des municipalités de l’extrême autre côté où on juge, condamne et exécute en un seul temps et un seul mouvement, ce qui est, et c’est là l’énorme avantage, reconnaissons-le, un réel gain de temps en attendant que, plus ou moins prochainement, dans un avenir plus ou moins lointain et aussi peu rapproché qu’il sera relativement moins visible, Colomiers soit relié par TGV, à Ajaccio, ce qui sera un réel progrès pour l’exploitation des fromages de chèvre corses, et permettra à Alexis de se retirer vers le Phare des Sanguinaires, histoire d’échanger ses lumières à la bonne hauteur et d’être à l’aise dans un paysage aussi vague, plat, déchiqueté et mortifère que son discours d’élu auquel je fais référence, le jour où il aura enfin compris qu’il faut arrêter avec les chèvres depuis qu’Hervé Vilard l’a chanté : Cabri c’est fini !
D’ailleurs, voyez comme l’histoire contemporaine est riche d’exemples auxquels les politiques de tous niveaux peuvent et savent se référer : Pinochet, à l’allure si … comment dire ? si aimable, Ceaucescu, au regard si … comment dire ? si aimable, Saddam Hussein, à la poignée de main si … comment dire ? si aimable, s’embarrassaient-ils de prendre le temps de juger prudemment et justement ? Que non, que non ! Ils ont montré aux pays civilisés qui n’ont pas manqué de les imiter, toutes tendances idéologiques confondues (je me suis toujours demandé ce qu’il pouvait y avoir de logiques là-dedans …), qu’il est beaucoup plus économique d’expédier les uns et les autres sans les entendre et de rentabiliser l’échafaud c’qu’il faut. Sur ce point, Alexis a apparemment été à bonne école en lisant, alors qu’il s’abstient de le faire pour mes courriers, les œuvres magistrales de ces illustres inspirateurs qui ont su faire expirer tant de leurs contemporains. Du moins reconnaît-il comme telles les oeuvres de ces personnages qui auront marqué l’histoire à l’encre des veines de leurs victimes : Comment gérer les problèmes humains, de Ceaucescu, Gouvernez libres, de Hussein, rédigé en partenariat avec sa dame, ou encore Salautations distinguées, de Pinochet. Car pour conclure, pourquoi s’empêtrer dans des complications exigeant de comprendre avant de trancher, et pourquoi prendre position après réflexion et pas avant et, finalement, pourquoi pas sans ? Autant trancher de suite sans attendre et ne perdons pas de temps.
Ou bien, comme me le disait un jour un de mes clients, il faudrait prendre la carte du parti. Je ne sais pas ce que vous en pensez : vous, cher lecteur, l’avez-vous, vous ? Je suis déjà membre de l’ICE et du CCCCE : j’ai la carte des partisans de l’Inversion Chrono-Ergonomique qui, comme son nom l’indique, préconise l’inversion du temps de travail en ouvrant les entreprises le samedi et le dimanche et instaurant le repos semainier du lundi au vendredi, et ce un mois par an pour 11 mois de congés, avec le slogan travailler moins pour gagner plus. Quant à la carte du Club des Collectionneurs de Conséquences des Conneries d’Elus, elle me permet, grâce à mon assiduité, ma longévité et un peu d’entraînement, sans que je l’aie vraiment cherché, d’être classé au Top 20 du canton.
Et puis de quel parti s’agit-il ou s’agite-t-il est-on en droit de dire lorsqu’on voit les remous télévisés d’élections bizarres où on demande aux convaincus (en un seul mot ?) de base de revenir voter plusieurs fois parce qu’il y a eu des erreurs de comptage … et des arrangements entre régions pour l’un ou l’autre candidat ? Faut-il y parti-ciper en parti-culier ? Est-ce un bon parti ou un parti d’en rire ? Est-ce bien parti pour cet idem, et parti pour où ? Est-ce un parti sans retour ou un parti sans payer ? Un parti sans laisser d’adresse chère au facteur, autre élu sur lequel nous reviendrons, étant entendu que vous ne devez pas en déduire que ce sera dans la position du missionnaire ? (lire un tome prochain Un facteur de risque).
Non, cette idée de carte ne me convient que peu, car j’aime la vie et la sagesse populaire prétend que Parti, c’est mourir un peu : or j’ai plutôt envie de vivre beaucoup. Et puis j’ai aussi ma carte routière qui me sert bien, grâce à laquelle je suis souvent parti sans y adhérer, tout en étant sûr, là au moins, que cela ne mène pas nulle part. Et puis de toute façons, plutôt qu’être du Parti, je préfère en rester là, d’autant que je n’ai pas l’impression que certains baronnets locaux soient vraiment convaincus de la cause pour laquelle, pourtant, le peuple les a plébiscités et dont ils sont censés demeurer les représentants des valeurs … Les valeurs ont suivi le cours des finances et connaissent, mais depuis beaucoup plus longtemps, une baisse mémorable dans l’histoire de la 5ème où la démocratie reste à inventer, tant on assiste à une guéguerre pour le pouvoir, ou à un despotisme local se souciant peu des citoyens, de la justice et des principes républicains. Il ne vous aura pas échappé, d’ailleurs, que j’ai écrit Parti avec un P majuscule : il me semble que pour cautionner des affaires politiques, qu’elles soient locales ou internationales, qui sentent mauvais, il fallait un gros P.
J’en suis toujours à me demander, et je vous prie sincèrement de bien vouloir excuser cette incompétence et cette ignorance qui sont miennes et pour lesquelles j’éprouve une honte obsessionnelle harassante, comment se peut-il que certains confondent ainsi cabinet du maire et WC républicain, où on est bien démuni si on est sans papier ou sans Parti ?
Revenons à Alexis : cette façon de faire …
C’est, soudain une étrange sensation et un immense trouble qui s’emparent de moi et m’oppressent en cet instant, alors que j’écris ces lignes, au moins semblables à ceux ressentis le jour où j’ai compris que … mais je crois l’avoir déjà dit. C’est un drôle de sentiment qui me fait me demander, et j’espère pouvoir un jour y répondre, si cela mérite qu’on l’appelle façon de faire, tant cela ressemble à une contrefaçon … Cette contrefaçon de faire, disons plutôt, est un excellent moyen d’abuser de son pouvoir, et non pas d’en user comme il se devrait, je veux dire avec bienveillance pour le peuple, compréhension et j’oserais presque le mot d’affection, je pense que vous serez d’accord avec moi, cher lecteur … Il est ainsi, des gens qui, incapables de se faire aimer, alors qu’il n’y a rien de plus simple puisqu’il suffit, pour un politique qui se respecte –mais la question est peut-être là : les politiques se respectent-ils ?- de se montrer juste, humain, honnête, franc, simple, désintéressé, au service et à l’écoute du peuple … mais je me répète encore une fois.
Il est ainsi, des gens qui préfèrent faire le choix de se faire (ça fait beaucoup de /fer/ dans cette affaire qui sent la rouille), de se faire détester ou même haïr par les autres pour lesquels, d’ailleurs ils n’ont aucune considération, et, au lieu de choisir de se faire apprécier, et de déguster les caresses morales d’un peuple heureux d’être bien administré et bien gouverné aujourd’hui, préfèrent les lendemains sur la gueule.
C’est ce qui explique peut-être que, selon ses propres déclarations faites le jour de cette rencontre de Mai 2005 (avait-il décidé de faire ce qui lui plaisait ?) dont je vous cause, rencontre mémorable tant la rime pas seulement facile me fait dire qu’elle ne fut même pas passable mais minable, ce qui explique peut-être, donc, j’espère que vous suivez toujours, pourquoi Alexis n’aime pas les anciens combattants comme il l’a clairement annoncé et annoncement claironné, ni le concitoyen que je suis. Lui, avec son air bon et sa vue casse, c’est un citoyen et un battant, et surtout pas con le mec.
Ceci dit, cher lecteur, acceptez mes salutations, et excusez moi si je ne viens pas plus souvent faire des ronds de jambe à la mairie : ce n’est pas mon style, et malgré mes efforts, je ne parviens qu’à faire des ovales avec parfois des angles : j’ai toujours préféré, vous le savez, que les choses soient carrées.
GillEric Leininger Molinier


par les temps qui courent,où notre génération vole bien bas(et bien plus bas que toi...!).
je t'adresse ces quelques lignes pour te témoigner toute mon insuffisance à ne pas t avoir rencontré, sinon dans tes archives culturelles et éducatives....
Et comme je ne me persuade pas que tu puisses voir (faute d une croyance pieuse qui ne m appelle pas!!hihi)et jouir du spectacle navrant de la liberté de parler actuelle, je m envoies donc te rassurer par cette petite dédicace:
pierre, la France censure tous ces nouveaux artistes(je ne ferai pas de pub, même si l envie me grattouille!!) et affiche un réel gêne à la liberté d expression, c 'est tout simplement(à mon sens) parce que personne depuis n'a été à la hauteur...........!!
bénis sois tu?(si "un certain DIEU" a cessé de lyncher ton âme!!(sourire)
tout simplement moi...je t'aime


C'EST MON PHILOSOPHE! MERCI MSIEUR.


"Un homme ne meurt pas quand son corps est entre 4 planches, mais quand il est oublié du monde", c'est de moi, naturellement.
Tu m'inspire, Pierre. Et je me fais une joie de te citer. Je connais tout sur toi !! Ainsi que ce que tu as fait, et dit.
Je propose de manifester, tout les jours, contre ces incultes dépravant et bornés d'inculture crasse.
SOYEZ DESPROGIENS, ceux dont le Q.I est de 130 ou plus !!!
Merci à toi, Pierre. J'aimerais tant prendre la relève...

J'apprécie beaucoup votre style, même si je trouve (c'est un avis purement personnel), qu'il résulte plus d'un mélange Desnos/Desproges que purement Desproges. Et c'est très agréable à lire !
Comme vous pouvez le constater, je m'égare parfois dans de vains commentaires, à l'instar de ce Dieu qu'était Pierre Desproges, et dont la solide mémoire ne quittera sans doute jamais mon esprit ! Ce que j'apprécie le plus chez cet homme, c'est sûrement cette méprise du politiquement correct qui pourrit notre société, où l'on ne peux même plus faire un croche-patte à un handicapé en train de courir maladroitement pour attraper le dernier bus qui pourra le mener à son rendez-vous mensuel chez le médecin, ni se moquer ouvertement des arabes, ou encore de ces mammouth cholestéreux qui se pavanent fièrement, mais difficilement avec les 150 kilos qui pèsent lourdement sur ces jambes pleines de varices (et de pu, pour peu que le mammouth se soit cassé la gueule quand l'handicapé -après le croche-patte- lui soit rentré dedans non sans amocher, évidemment, la belle Venus qui se rendait, comme chaque soir, à son travail très lucratif puisque non déclaré, en bas-résille et bottes de cuir -et sans culotte-) ; sans craindre de vives réprimandes juridiques... Je vous jure...
J'aime également cette aversion pour les "consensus dégoulinant de lieux-communs", comme il se plaisait à le dire adroitement.
Longue-vie à sa mémoire !
Edouard.

Quoi de plus navrant aujourd'hui, pour nous, que ton absence dans le verbe et ta présence de moins en moins soutenues chez les vers. Oh que tu nous manque oh là là oh là là! Les cons qui restent ne sont jamais très loin de ceux qu'on oublie (c'est aussi valable pour ceux des femmes), tu aurais tant de choses à dire. Tel un étendard sans drapeau, nous sommes démuni de couleur.

Vous retrouverez ce texte dans les Chroniques de la haine ordinaire (vol.1) : L'Aquaphile
La rédaction
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