Choix d'un extrait
Mes parents m’avaient mis en pension, et je ne suis pas du tout fait pour ça, je ne suis pas sociable. Brassens disait : « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons », moi je pense que c’est quand on est plus de deux, même plus d’un. (…) J’étais prêt à tout pour en partir — à faire semblant d’être malade, à me suicider à moitié. J’étais anormalement peu doué pour la vie communautaire et traumatisé par la séparation — surtout d’avec ma mère. Au bout de trois mois, comme c’était intenable, le proviseur a dit : vous pouvez le reprendre, j’avais 13 ans, et ma mère m’a accueilli à Paris sur un quai de gare, et elle m’a dit : "Oh lala ! Tu as les cheveux longs !"C’est la première chose qu’elle m’a dit. C’était un détail et je ne lui en ai jamais reparlé, mais c’est quelque chose que je porte encore. La preuve, c’est que je pourrais vous décrire les gens dans cette gare, la couleur de ma valise, la couleur du chapeau qu’elle portait. (…) Je l’ai ressenti comme une incompréhension fondamentale…
