Pierre Desproges
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Choix d'un extrait

Françaises, Français,
Belges, Belges,
Bougnoules,Bougnoules,
Fascistes de droite, Fascistes de gauche,
Mon président, mon chien,
Monsieur l’avocat le plus bas d’Inter,
Mesdames et messieurs les jurés
Public chéri mon amour,
Bonjour ma colère, salut ma hargne et mon courroux… coucou

L’homme qui stagne aujourd’hui sur ce ban de l’infamie où le cul du gratin s’écrasa avant le sien, cet homme, mesdames et messieurs les jurés, ce morne quinquagénaire gorgé de vin rouge et boursouflé d’idées reçues, présente à nos yeux blasés qui en ont tant vu qu’ils sont devenus gris, la particularité singulière, bonjour les pléonasmes, d’être le seul gauchiste d’extrême droite de France.
Xénophobe même avec les étrangers, rebonjour, masquant tant bien que mal un antisémitisme de garçon de bain poujadiste sous le masque ambigu de l’antisionisme propalestinien, misogyne jusqu’à souffler dans sa femme pour économiser sa poupée gonflable, pardon Catherine, plus primaire encore dans son anticommunisme que les asticots moscovites présentement occupés à bouffer Brejnev de l’intérieur, Siné, la baguette sous le bras, et le béret sur la tête comme un Guevara de gouttière va sa vie à petits pas, tel un super Dupont mou, plongeant mollement dans le fluide glacé de son troisième âge.

(…) Tel Tino Rossi pétrifié dans le Marinella roucolophonique depuis les accords de Munich, Siné s’est figé depuis deux décennies dans les mêmes petits clichés franchouillards de gauche où s’enlisent encore les laïcs hystériques de l’entre-deux guerres et les bigots soixante-huitards sclérosés que leur presbytie du cortex pousse à croire, contre vents et marées, que le Canard Enchaîné est toujours un journal anarchiste, et le gauchisme encore une impertinence.
En 1963, Siné imitait le corbeau, à l’envol de la moindre soutane. Vingt ans plus tard, Siné continue d’imiter le corbeau à la sortie des presbytères, mais les curés ne portent plus de soutane, et qui c’est qu’a l’air d’un con à faire croa-croa au passage d’un bodygraph?

La constante dans l’œuvre de Siné, mesdames et messieurs les jurés, c’est que cet homme ne connaît pas le doute. De même que Michel Jobert pauvre puce ministrable sait que les Français n’ont pas besoin de magnétoscope, Siné sait que les curés sont tous des salauds. Siné sait que les riches sont tous méchants et cons, et que les pauvres sont tous gentils, et cons. Grâce à quoi il peut se permettre de fourrer le moine Raspoutine et Mère Teresa dans le même sac à corbeaux, ou l’abbé Pierre et le curé d’Uruffe sous la même calotte.
En ce qui me concerne, mesdames et messieurs les jurés, et ce qui me concerne me passionne autant que m’indiffère ce qui vous concerne, c’est vous dire, en ce qui me concerne, j’ai toujours été fasciné par les détenteurs de vérité qui, débarrassés du doute, peuvent se permettre de se jeter tête baissée dans tous les combats que leur dicte la tranquille assurance de leur certitude aveugle. Non-voyante, devrais-je dire. Pardon aux obturés du globe.

Malheureusement, j’ai le regret d’avoir à vous le dire, monsieur Siné, mais cette vertu sereine d’où se dresse quiconque croit détenir LA vérité, cette mâle assurance qui distingue le fort du faible, la bête humaine du Pierrot sentimental et, en un mot, l’homme de l’enfant, cette vertu n’existe pleinement à l’état fonctionnel que chez une seule catégorie d’êtres humains chez qui on l’exige avant de leur confier nos vies et nos frontières, et ces êtres humains, ce sont les militaires.
Vous êtes un militaire, Siné. Vous êtes un sergent. Vous connaissez l’ennemi, tacatacatac, qu’on vous file un tromblon à la place de votre feutre à Mickeys, et tacatacatac, vous allez tuer, détruire, écharper. Vous êtes de ces pacifistes bardés de grenades et de bons sentiments prêts à éventrer quiconque n’est pas pour la non violence.
Que vous le vouliez ou non, quelque chose en vous évoque ces bigots du manichéisme pour qui la guerre de 14-18, c’est la guerre entre les méchants Allemands et les gentils Français. Et non pas, comme l’a dit l’autre jour un petit garçon de 10 ans, dans l’émission de Michel Polac où vous graffitez chaque semaine, « La guerre contre les Allemands et les Français. » (…)

Editions du Seuil, Tôt ou tard / / Mots-clés : Extrait Racisme


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