Mot-clé choisi : individualisme
Comme la plupart des maladies mentales en vente dans les catalogues des psycho-psychiatres, le snobisme se caractérise essentiellement par la dégénérescence dramatique de la personnalité et perte progressive du libre-arbitre. Privé du moindre sens critique, le snob en est réduit à se ventouser l’ego et à se cloquer le sens artistique sur ceux d’une poignée de personnages quelconques, morts ou vifs, dont d’autres snobs leur font croire qu’ils sont à la mode.
Autant le strabisme est divergent chez Sartre, autant le snobisme est convergent chez l’Homme.
J’ai envie de tuer quelqu’un.
J’aurai dû en parler à mon psy, finalement j’ai préféré me confier à mon armurier.
J’ai le plus profond respect pour le mépris que j’ai des hommes.
Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu’un épouvantable doute m’étreint: suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs ?
Je recèle en moi des réserves d’ennui pratiquement inépuisables. Je suis capable de m’ennuyer pendant des heures sans me faire chier.
J’essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je ne défends pas.
L’élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime : « Je pense, donc tu suis. »
Pourquoi ? Pourquoi cette fausseté dans les rapports humains ? Pourquoi le mépris ? Pourquoi le dédain ? Où est Dieu ? Que fait la police ? Quand est-ce qu’on mange ?
Toutes les formes de fascisme m’ennuient. Tous les gens pratiquants m’ennuient, me font peur surtout. Les gens qui croient, qui sont derrière un drapeau. J’ai un peu peur, parce qu’il faut élaguer pour arriver sur la montagne où on va planter son drapeau. Ca date des croisades mais ça continue avec Le Pen et Gorbatchev, c’est évident…
Je manifeste toujours tout seul.
Au reste mes idées sont trop originales pour susciter l’adhésion des masses bêlantes ataviquement acquises aux promiscuités transpirantes et braillardes inhérentes à la vulgarité du régime démocratique imposé chez nous depuis deux siècles par la canaille régicide.
