Actualité
Chroniques d'une haine ordinaire
Nouveau spectacle avec Christine Murillo et Dominque Valadié. Mise en scène Michel Didym :
À partir du 28 septembre 2011
C’est à la librairie de Théâtre Ouvert en feuilletant les éditions Actes Sud Papiers que j’ai vraiment découvert Pierre Desproges. Je ne l’avais jamais vu à la télévision. J’ai alors aimé furieusement, au-delà de l’homme, de l’acteur, du bouffon tragique : l’auteur. L’interprète fulgurant totalement atypique qu’était Pierre Desproges a fait oublier qu’il était aussi un grand dramaturge. Comme si l’acteur et son génie faisaient écran à l’auteur. C’est de cette passion pour son écriture qu’est né le spectacle Les animaux ne savent pas qu’ils vont mourir, au Théâtre des Abbesses. La lecture des Inédits, laissait apparaître un autre versant de l’auteur, plus ambivalent et sombre, plus complexe et lyrique qu’on a parfois bêtement taxé de misogynie. C’est cette face méconnue de son écriture qui m’a donné l’envie de créer ce deuxième spectacle où je fais appel à deux grandes actrices pour modifier l’écoute de cet auteur, et ainsi révéler au public l’irrévérence et la violence comique de cette langue exempte de vulgarité. Christine Murillo et Dominique Valadié, toutes deux singulières et inclassables dans le paysage théâtral français nous font entendre avec finesse et intelligence les subtilités et les paradoxes de Pierre Desproges à travers une langue stupéfiante faite d’enfance et de gravité. Aujourd’hui, une nouvelle génération va découvrir cette écriture. Un style à la jonction de deux mondes provenant du classicisme français et emprunt de fulgurance et d’insolence. Nous jouons ici avec une langue souple et pirouette à l’image du funambule à qui le vide ne fait pas peur, et risquant des raccourcis périlleux d’apparence arbitraire.
Pierre Desproges a le courage de la haine. Ce théâtre dont il nous parle avec force lucidité n’exclut personne. L’individuel et le collectif y ont place. Son écriture rend hommage à l’humanité en engageant sa splendeur et son horreur.
Michel Didym
CHRISTINE MURILLO ET DOMINIQUE VALADIÉ
Arrêtant impitoyablement la danse, Dominique Valadié suit les cours d’Art Dramatique de Victor Suyac, à Nice, tandis qu’abandonnant de coruscantes études vétérinaires, Christine Murillo suit ceux de Jean Périmony. Toutes deux reçues au Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique, Christine Murillo et Dominique Valadié n’y seront ensemble qu’une petite année, de 1975 à 1976. C’est au moment où Dominique Valadié rencontre Antoine Vitez que Christine Murillo entre à la Comédie-Française. Et quand Dominique y entre Pensionnaire à son tour, Christine en part Sociétaire, le temps de jouer ensemble Le Menteur de Corneille sous la direction d’Alain Françon. Alain Françon, Dominique ne compte plus combien de spectacles ils ont faits ensemble. En fait au moins 19 à ce jour. Et avec Christine, 5. Dont trois qui les réunissent: Chambres de Minyana, le Menteur sus-nommé et la Remise de Planchon. Chacune de son côté a joué sous la direction de Jean-Luc Boutté, Charles Tordjman, Marcel Bluwal, Jacques Nichet, Michel Didym déjà, Bruno Bayen, Claude Régy, Jean-Pierre Vincent, Christian Colin, Yves Beaunesne et … Alain Françon. Mais Dominique travaillait notamment aussi avec Antoine Vitez, Marcella Salivarova, Françoise Petit, Blandine Savetier, Jérôme Deschamps, Emmanuel Daumas… et Christine avec Jean-Paul Roussillon, Jacques Lassalle, Jean- Marie Villégier, Jacques Weber, Jean Dautremay, Alfredo Arias, Jean Jourdheuil, Bérangère Bonvoisin, Andreï Konchalovski, Maurice Bénichou, Denis Marleau, Jean-Baptiste Sastre, Denise Chalem, Patrice Kerbrat, Laurent Pelly… Parallèlement, Dominique a tourné avec Benoit Jacquot, mais pas avec Coline Serreau, Gérard Oury, Paul Vecchiali, Gérard Mordillat, Jacques Fansten, Marcel Bluwal, Ariane Mnouchkine, Marco Pico, Christine Carrière, Aki Kaurismäki, Romain Goupil, Jean-Pierre Améris, Francis Girod, Anne Le Ny et Albert Dupontel, tandis que Christine, si. Et Christine a tourné aussi avec Benoît Jacquot, mais pas du tout avec Michèle Rosier, Bertrand Blier, Vincent Dietschy, Sophie Fillières, Bruno Herbulot, Pierre Aknine, Hervé Baslé, Sarah Lévy, Hugo Santiago et Nina Companeez, tandis que Dominique, oui. En 1986, Dominique donne naissance à un joli garçon, au moment où Christine, elle, jette, avec deux amis du Conservatoire Grégoire Œstermann et Jean-Claude Leguay, les premières ébauches du Baleinié, dictionnaire des tracas dont trois tomes sont édités à ce jour au Seuil. En 1993, Dominique Valadié est nommée Professeur au CNSAD, et l’est encore. Dans le même temps Christine fait partie du jury d’entrée mais se jure de ne jamais recommencer. Christine et Dominique ont reçu des prix. Dominique : deux fois le Prix de la Critique et une fois le prix Gérard Philipe. Christine, deux Prix d’interprétation dans des Festivals de Courts-Métrages : celui de Brest et le Lutin de Paris (prix plutôt mal connus), et le prix Arletty (prix qui n’existe plus). Mais à elles deux, elles comptabilisent sept nominations et trois Molière, dont chacune un Molière de la Meilleure Comédienne. (Ouf !). Enfin, si en 1983 Christine joue Les Estivants sur la scène du Français avec sa chienne Lara et une jambe dans le plâtre (pour cause de double fracture survenue pendant Dom Juan au Liceo de Barcelone, qui depuis a brûlé), Dominique, elle, tourne entre 1982 et 1984, avec Pierre Desproges, plusieurs épisodes de La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède.
Etonnant, non ?
Il n'y a aucun commentaire pour le moment !
N'hésitez pas à ajouter un message sur cet article en utilisant le formulaire ci-dessous.
Quelque chose à dire sur le sujet ?
Tous les champs sont requis.
Notez que les messages sont consultés avant d'être validés par la rédaction.


