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    <title>Pierre Desproges : revues de presse</title>
    <link>http://www.desproges.fr/accueil</link>
    <pubDate>Fri, 19 Dec 2008 06:54:06 GMT</pubDate>
    <description>Pierre Desproges, revues de presses</description>
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      <title>"Je ne suis pas n'importe qui..."</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/je-ne-suis-pas-nimporte-qui</link>
      <description>Extrait de la critique du Nouvel Observateur
ABSENT TONIQUE par Marjolaine Jarry
Et si le visage de Pierre Desproges &#233;tait une phrase... Les lignes serr&#233;es d'une &#233;criture fleuve dessinent, sur le front, des vaguelettes soucieuses. Le sourcil en accent circonflexe ironise et provoque. Entre les yeux, le grain de beaut&#233; est le point final d'une tirade qui chute sans appel, mais d&#233;j&#224;, la phrase infinie, toujours reconduite, surfe sur la virgule du menton en fossette. Dans le sketch &#171;le Miroir&#187;, Pierre Desproges, lui, dit : &#171;Ca, des fossettes ? Dirait-on pas plut&#244;t le cul r&#226;peux d'une truie naine &#233;mergeant d'une fissure tellurique encore mouill&#233;e du sang des morts ?&#187; Impossible d'&#233;voquer l'humoriste sans l'imaginer dynamiter d'une impitoyable r&#233;plique toute tentative de discours sur sa personne. En connaissance de cause, les r&#233;alisateurs, Yves Riou et Philippe Pouchain, ont choisi de se taire. Nulle voix off dans leur film-portrait, o&#249; s'emm&#234;lent interviews (de copains, de subtils ex&#233;g&#232;tes et m&#234;me de son &#233;pouse), petits films en super-8 d&#233;nich&#233;s dans les archives familiales et nombreux extraits de spectacles. La langue qu'on entend, c'est celle de Desproges. Il y a ses mots &#224; vous plonger dans le dico (voir &#171;melliflu&#187;, adjectif qu'il aimait tant, m&#234;me s'il lui va bien mal-&#171;qui a la suavit&#233; du miel&#187;); ses figures de style comme les loopings d'un aviateur un rien fanfaron (&#171;Contrairement &#224; moi qui suis oblig&#233; de m'entourer d'un tas de guirlandes, (...) j'admire ceux qui font des &#233;conomies de vocabulaire, comme Annie Ernaux&#187;, disait-il (1); ses tirades d'un lyrisme &#233;chevel&#233; qui cavalcadent, survolent mille esquifs, et soudain, au d&#233;tour d'un virage, &#171;tombent dans un ravin&#187; (2). Pouf, pouf. On reste suspendus &#224; ses phrases comme &#224; des m&#232;ches allum&#233;es qu'on regarde se consumer sans savoir quand elles vont exploser. Ou quand l'imparfait du subjonctif est une arme atomique. Il avait pr&#233;venu : &#171;Mon cadavre sera pi&#233;g&#233;.&#187; Et c'est vrai, &#231;a mitraille dru, &#231;a d&#233;flagre s&#233;v&#232;re. Vingt ans apr&#232;s tout autant. Le journaliste Philippe Meyer constate : &#171;Il est aux antipodes de ceux qu'on appelle aujourd'hui humoristes et qui sont des carpettes, &#224; plat ventre devant les id&#233;es re&#231;ues.&#187; Pierre Desproges, sur sc&#232;ne : &#171;Les rues de Paris ne sont plus s&#251;res. Dans certains quartiers chauds, les Arabes... Les Arabes n'osent plus sortir seuls le soir.&#187; Ou encore, le c&#233;l&#232;bre &#171;On me dit que des juifs se sont gliss&#233;s dans la salle...&#187; On red&#233;couvre &#224; quel point il va bien &#224; tous les &#226;ges : &#224; l'adolescence, son intol&#233;rance nous transporte. Plus tard, quand le cancer n'est plus une abstraction, ses harangues sur le sujet fa&#231;on trompe-la-mort-m&#234;me pas peur si tu crois que je vais arr&#234;ter d'en rire-se r&#233;v&#232;lent porteuses d'un courage infini, qui va de pair avec l'angoisse la plus aigu&#235;, et s'offre, comme un don, &#224; tous les vivants qui tremblent. Ceux-l&#224; m&#234;me auxquels il voue une d&#233;testation f&#233;roce. Les objets de ses haines it&#233;ratives : les jeunes, les vieux, les taxis, les journalistes, les Restos du Coeur, la gauche, la droite... &#171;Il n'est pas dupe et nous demande de ne pas l'&#234;tre non plus&#187;, alerte Bernard Pivot. C'est que le penseur retors d&#233;construit sans cesse ce qu'il &#233;nonce, pr&#233;f&#233;rant toujours l'inattendu, la surprise de l'humour.
Nouvel Obs T&#233;l&#233; du samedi 20 d&#233;cembre 2008</description>
      <pubDate>Fri, 19 Dec 2008 06:54:06 GMT</pubDate>
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      <title>Interviews</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/interviews</link>
      <description>Au fur et &#224; mesure nous &#233;tofferons cette rubrique.</description>
      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 14:46:02 GMT</pubDate>
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      <title>Monsieur Cyclop&#232;de</title>
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      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 14:29:51 GMT</pubDate>
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      <title>Th&#233;&#226;tre Fontaine</title>
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      <description>Janvier 1984
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      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 11:52:40 GMT</pubDate>
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      <title>Chroniques de la haine ordinaire</title>
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      <description>Les Relations Apostrophes
A2-08/05/1987
Extrait :
Vous &#234;tes brouill&#233; avec Dieu aussi&#8230;
C&#8217;est lui qui a commenc&#233;. Je ne voudrais pas &#233;taler ma vie priv&#233;e avec Dieu, mais j&#8217;y ai cru longtemps jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;il me fasse des tours, j&#8217;aime mieux ne pas m&#8217;&#233;tendre l&#224;-dessus. J&#8217;ai &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;&#231;u par les femmes et par Dieu&#8230;
C&#8217;est impossible de recoller avec Dieu ?
Ce n&#8217;est pas s&#251;r. En r&#233;alit&#233; je suis un ath&#233;e mystique c&#8217;est tr&#232;s difficile &#224; vivre. J&#8217;ai envie de Dieu et il n&#8217;est pas l&#224;. (&#8230;)
On se demande si vous &#234;tes d&#233;mocrate ?
Non. Parce que la d&#233;mocratie c&#8217;est la loi du plus grand nombre, le plus grand nombre c&#8217;est les gens qui regardent Sabatier. Que ces gens-l&#224; votent, je trouve cela scandaleux&#8230;
Vous voulez interdire de vote tous les gens&#8230; ?
Non, je ne veux pas interdire mais je ne participe pas &#224; la d&#233;mocratie, je la subis, je la supporte, et je pense aussi que (&#8230;) c&#8217;est le meilleur r&#233;gime possible, h&#233;las.</description>
      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 10:42:48 GMT</pubDate>
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      <title>Vivons heureux en attendant la mort</title>
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      <description>Bonne humeur Apostrophes
A2-30/12/1983
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      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 10:36:01 GMT</pubDate>
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      <title>Th&#233;&#226;tre Gr&#233;vin</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/theatre-grevin</link>
      <description>octobre 1986
Pierre Desproges MIDI 2 A2-06/09/1986
Pierre DESPROGES est l'invit&#233; du journal et r&#233;pond aux questions de No&#235;l MAMERE au sujet de son prochain spectacle au th&#233;&#226;tre Gr&#233;vin
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      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 10:26:55 GMT</pubDate>
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      <title>Des femmes qui tombent</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/des-femmes-qui-tombent</link>
      <description>Pierre Desproges : "Des femmes qui tombent"
MIDI 2 A2-05/12/1985
Pierre DESPROGES interview&#233; par Monique ATLAN et Claude HERVE, pr&#233;sente son dernier livre, son premier roman : "Des femmes qui tombent". Il le pr&#233;sente comme "un long cri d'amour &#224; 150 000 exemplaires". Le sujet du livre, la disparition des femmes est une m&#233;taphore de la fin du monde. Il dit que le rire est sa fa&#231;on d'exorciser ses angoisses : Lorsqu'un de ses proches est mort d'un cancer il a &#233;crit "Vivons heureux en attendant la mort". Il dit son go&#251;t pour les gens qui ont une &#233;criture, comme Jean CAU par exemple, dont il ne partage pas les id&#233;es mais dont l'&#233;criture "le fait fr&#233;mir".
Seriez-vous un proph&#232;te ?
Alors l&#224;, j&#8217;ai peur, si jamais &#231;a arrive je me fais d&#233;c&#233;r&#233;brer.
Vous dites &#224; un moment : &#171;  Au bord de la guerre des &#233;toiles et de la mort &#224; neutrons, il lui semblait &#233;mouvant qu&#8217;un homme encore f&#251;t pr&#234;t &#224; prendre les armes pour d&#233;fendre un accord de syntaxe. &#187; C&#8217;est pas mal &#231;a, pour quelqu&#8217;un qui &#233;crit.
Je revendique &#231;a. Moi je suis journaliste, j&#8217;ai toujours &#233;t&#233; journaliste que je fasse de la sc&#232;ne, de la t&#233;l&#233;vision ou de la radio, je me situe toujours par rapport &#224; &#231;a. (&#8230;) J&#8217;ai un grand respect qui est totalement esth&#233;tique qui n&#8217;est pas moral du tout pour les gens qui &#233;crivent bien comme, par exemple, Jean Cau dont je ne partage pas toutes les id&#233;es, j&#8217;ai m&#234;me peu de chance pour en partager une, j&#8217;ai un grand respect pour sa plume et il me fait fr&#233;mir, ce type me fout des frissons dans le dos&#8230;</description>
      <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 10:22:30 GMT</pubDate>
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      <title>Mon cadavre sera pi&#233;g&#233;</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/mon-cadavre-sera-piege</link>
      <description>Qu'en pensent-ils?





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      <pubDate>Tue, 04 Nov 2008 11:27:41 GMT</pubDate>
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      <title>Les animaux ne savent pas qu'ils vont mourir</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/les-animaux-ne-savent-pas-quils-vont-mourir</link>
      <description>
Mon seul m&#233;tier est l&#8217;&#233;criture
On croit conna&#238;tre Pierre Desproges tant il nous &#233;tait familier, ce Pierrot au regard malicieux, philosophe saltimbanque qui nous entretenait des choses de la vie, des faits et des ph&#233;nom&#232;nes de soci&#233;t&#233;, pourfendeur intraitable de nos tartufferies, de nos arrangements avec le r&#233;el et notre conscience, des faux semblants, &#224; la fois insolent et tendre, subversif et iconoclaste, poussant loin la provocation, sa fa&#231;on &#224; lui d'entrer par effraction et d'&#233;branler nos certitudes solidement &#233;difi&#233;es.
En fl&#226;neur il traverse la vie, exer&#231;ant divers m&#233;tiers : vendeur d&#8217;assurance vie, enqu&#234;teur pour l&#8217;IFOP, auteur de romans photos et de courrier du coeur, directeur d&#8217;une fabrique de poutres synth&#233;tiques, journaliste &#224; l&#8217;Aurore. A la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision, il collabore &#224; l&#8217;&#233;mission de Jacques Martin Le petit rapporteur sur Antenne 2, aux &#233;missions : Les saltimbanques de Jean-Louis Foulquier, Le tribunal des flagrants d&#233;lires de Claude Villers et Luis Rego sur France Inter, La minute n&#233;cessaire de M. Cyclop&#232;de sur France 3, puis nous accompagne &#224; France Inter avec ses Chroniques de la haine ordinaire. Parall&#232;lement il se produit sur sc&#232;ne, collabore &#224; Pilote et publie ses textes, dont un roman Des femmes qui tombent.
Autant de postes d&#8217;observation de l&#8217;humain et de son environnement social et politique que Pierre Desproges, avec un regard attentif, lucide, sans concession, ne cesse de scruter et dont il d&#233;nonce la b&#234;tise, la m&#233;diocrit&#233;, les apparences d&#233;risoires. Il ne fait de cadeau &#224; personne, encore moins &#224; lui-m&#234;me, d&#233;fiant et affrontant tout de face y compris sa maladie, le cancer, et la mort qui l'emporte &#224; 51 ans, en 1988.Que retient-on aujourd'hui de Pierre Desproges, de son univers singulier ? Dans la perception du grand public Pierre Desproges est rest&#233; un homme de radio et de t&#233;l&#233;vision, auteur interpr&#232;te, homme de sc&#232;ne. Paradoxalement le preneur de parole, l'acteur, a occult&#233; l'auteur.
&#171; Pierre &#233;tait avant tout un &#233;crivain, explique H&#233;l&#232;ne Desproges, il disait : mon seul m&#233;tier est l'&#233;criture, le reste n'est que le service apr&#232;s vente. Il n&#8217;aspirait d&#8217;ailleurs qu'&#224; &#233;crire et &#224; faire dire ses textes par d&#8217;autres. &#187; Avec la complicit&#233; d&#8217;H&#233;l&#232;ne Desproges, &#233;pouse de l&#8217;&#233;crivain, qui a travaill&#233; tout au long avec son mari, Michel Didym porte sur sc&#232;ne cette oeuvre qu'il a tant lue et relue, &amp;quot; dont le style dense, l&#8217;intelligence, l&#8217;humour extr&#234;mement corrosif, font la quintessence de ce que j&#8217;aime dans l&#8217;&#233;criture. L&#8217;&#233;criture o&#249; la pens&#233;e singuli&#232;rement &#233;mise constitue en soi cet espace dans lequel le th&#233;&#226;tre a lieu. Le th&#233;&#226;tre pour moi n&#8217;est pas une messe mais une exploration de ce qu'est le sacr&#233;, la pens&#233;e. Que devient la soi-disant conscience qu&#8217;on a des choses et des &#233;v&#233;nements quand elle est d&#233;boulonn&#233;e, mise en p&#233;ril dans son intime quant &#224; soi, gr&#226;ce &#224; l&#8217;humour, &#224; la pertinence du po&#232;te ? &amp;quot;
L&#8217;artiste d&#233;gag&#233; ou les paradoxes de Pierre Desproges
Au-del&#224; de l&#8217;image imm&#233;diate, du clich&#233; de l&#8217;homme de spectacle, humoriste, provocateur, se dessine, &#224; travers son &#233;criture, un portrait paradoxal et sensible de Pierre Desproges : sa r&#233;volte, son refus de composer avec les rites sociaux, son manque total d'instinct gr&#233;gaire, son &#233;tranget&#233; dans une soci&#233;t&#233; formatis&#233;e et son impossibilit&#233; de se reconna&#238;tre dans ses semblables : &amp;quot; Je voudrais bien vous aimer, mais je ne peux pas. Vous voyez bien que je suis trop diff&#233;rent. &amp;quot;
Libre, farouchement ind&#233;pendant, refusant d&#8217;appartenir &#224; une famille, d&#8217;entrer dans des cat&#233;gories et des sch&#233;mas id&#233;ologiques &amp;quot; pr&#234;ts &#224; penser &amp;quot;, il disait &amp;quot; Je suis un artiste d&#233;gag&#233;. Je ne peux pas &#234;tre engag&#233;. A part la droite, il n&#8217;y a rien au monde que je m&#233;prise autant que la gauche. Et d'ailleurs quelle gauche ? (&#8230;) Je suis un artiste d&#233;gag&#233;. Ce qui ne veut pas dire que je ne ressens pas les probl&#232;mes de mon &#233;poque avec la m&#234;me acuit&#233; de coeur que n&#8217;importe quel pourri de droite ou de gauche qui se pr&#233;cipite &#224; la t&#233;l&#233; chaque fois qu'un drame social lui permet de montrer son &#233;motion &#224; tous les passants. D&#233;gag&#233;, oui, indiff&#233;rent non. Les injustices sociales me r&#233;voltent. &amp;quot;
Provocateur ou &#233;corch&#233; vif ? Il d&#233;clare sa haine &#224; l&#8217;humanit&#233; et avoue en m&#234;me temps avoir &amp;quot; cach&#233; difficilement son amour des hommes sous un d&#233;bordement de sarcasmes. &amp;quot;
C&#8217;est l&#224; la part des paradoxes de Pierre Desproges.
Il disait &#171;  je ne suis pas agresseur, je suis agress&#233; par les &#233;v&#233;nements &#187;, confie H&#233;l&#232;ne Desproges. Il &#233;tait en permanence dans une attitude de provocation, de r&#233;action parce qu'il &#233;tait trop touch&#233; par l&#8217;injustice, le mensonge. Ce n&#8217;&#233;tait pas de la haine mais plut&#244;t de la col&#232;re.
Col&#232;re &#233;rig&#233;e en style de vie, en attitude philosophique.
&amp;quot; C'est un &#233;tat de col&#232;re, pr&#233;cise Michel Didym, que les anciens Grecs, Platon par exemple, qualifiaient de vertu, en ce sens que les humains ont la possibilit&#233; d'organiser la col&#232;re de fa&#231;on raisonn&#233;e, de l'engager dans des actions justes pour modifier les choses alors que les animaux n'ont que des r&#233;actions &#233;pidermiques, circonstanci&#233;es. C&#8217;est donc une col&#232;re salutaire, n&#233;cessaire. Chez Desproges, cette col&#232;re a la supr&#234;me &#233;l&#233;gance d'&#234;tre teint&#233;e d'humour. &amp;quot;
La particularit&#233; de Pierre Desproges &#233;tait d'&#234;tre &#224; la fois oiseau et ornithologue. Oiseau qui a r&#233;ussi &#224; s&#8217;imposer sans &#234;tre pr&#233;dateur, dans sa tribu. Oiseau et ornithologue &#224; la fois en tant qu'interpr&#232;te et acteur, et en tant que quelqu'un qui, ayant une position critique, toujours r&#233;fl&#233;chie, jamais cynique, sur les id&#233;es environnantes et les situations, ne se met pas hors du champ de son analyse.
L'&#233;l&#233;gance de ne pas &#234;tre sentencieux, morbide. D&#233;tacher l'oeuvre de l'image de son cr&#233;ateur et la projeter dans l'imaginaire des spectateurs, voici le projet de Michel Didym. &amp;quot; Mon objectif est de transmettre l'oeuvre de Pierre Desproges en d&#233;montrant qu'elle r&#233;siste &#224; une interpr&#233;tation autre que la sienne et que ses textes peuvent s'inscrire dans le patrimoine litt&#233;raire contemporain. Mettre &#224; jour sur le plateau cette &#233;criture &#233;minemment dramatique qui rec&#232;le une extraordinaire richesse th&#233;matique, des situations, des paradoxes et un style tr&#232;s particulier d'analyse de ces paradoxes. Bref, ce que j&#8217;appelle la francit&#233; chez Pierre Desproges, la prise de parole forte, libre, &#224; contre courant, qui s&#8217;inscrit dans la tradition latine des pol&#233;mistes remontant &#224; Pascal, &#224; Rousseau. &amp;quot;
Comment s'approprier et faire vivre sur sc&#232;ne, pour la premi&#232;re fois &#224; travers d'autres interpr&#232;tes, l'univers singulier, po&#233;tique et &amp;quot; hargneusement loufoque &amp;quot; de Pierre Desproges nourri de sa vie, de sa sensibilit&#233; exacerb&#233;e, de sa familiarit&#233; avec la mort, le cerner au plus profond de sa respiration, de la pens&#233;e qui l'anime ?
&amp;quot; Il y a une loi, une logique, qui s'impose d'elle-m&#234;me et qui structure notre travail de composition du spectacle, le moteur m&#234;me de l'&#233;criture et des actions de Pierre : sa conscience obsessionnelle de la mort et la strat&#233;gie mise en place pour contrer sa certitude irr&#233;futable de la fin prochaine. C&#8217;est un d&#233;fi &#233;norme de vivre avec cette conscience et d&#8217;avoir l&#8217;&#233;l&#233;gance de n&#8217;&#234;tre ni sentencieux ni morbide. &amp;quot;
Le spectacle dont le titre Les animaux ne savent pas qu'ils vont mourir est emprunt&#233; &#224; l'un des textes de Pierre Desproges, s'articule autour de cette th&#233;matique de la mort sans que ce soit directement ou indirectement son sujet principal. Il r&#233;unit, outre certains textes connus, des textes &#233;crits pour le spectacle qu'il n&#8217;a pas eu le temps de faire, plusieurs in&#233;dits qu'H&#233;l&#232;ne Desproges a confi&#233; &#224; Michel Didym, ainsi que des musiques et des chansons.
&amp;quot; La structure dramatique de son &#233;criture, qui a une tessiture particuli&#232;re, s&#8217;associe pour moi &#224; une musique. &amp;quot;
Car il s&#8217;agit d&#8217;une sorte de th&#233;&#226;tre musical port&#233; par trois acteurs et un musicien, accord&#233;oniste, partenaire &#224; part enti&#232;re du jeu, sa musique intervenant comme un langage, en prolongement de la parole. Clotilde Mollet, Daniel Martin, Philippe Fretun et Johann Riche, artistes choisis pour leur personnalit&#233; hors du commun, dou&#233;s d&#8217;une grande force po&#233;tique, ayant chacun un univers singulier, capables d&#8217;apporter une lecture et une vision forte de la th&#233;&#226;tralit&#233; de l'oeuvre, ont &#233;t&#233; associ&#233;s &#224; la gen&#232;se du spectacle.
Il a &#233;t&#233; compos&#233; sur mesure, telle une partition pour des instruments capables d'incarner la violence, la sant&#233;, la gr&#226;ce du style &#224; la fois de vie et d&#8217;&#233;criture de Pierre Desproges.
Ir&#232;ne Sadowska Guillon
Texte paru dans le journal du Th&#233;&#226;tre de la Ville d&#8217;avril 2003.

T&#201;L&#201;RAMA:


LE QUOTIDIEN DU M&#201;DECIN:


LA TERRASSE:
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      <pubDate>Tue, 04 Nov 2008 10:41:21 GMT</pubDate>
      <guid>http://www.desproges.fr/presse/les-animaux-ne-savent-pas-quils-vont-mourir</guid>
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      <title>20 ans apr&#232;s : Pfff! Vingt ans sans Desproges</title>
      <link>http://www.desproges.fr/presse/20-ans-apres</link>
      <description>Le Soir, vendredi 18 avril 2008, 09:48
NICOLAS CROUSSE
L'HUMOUR ANTI-CONS de Monsieur Cyclop&#232;de &#233;tait un condens&#233; de clownerie, de provocation et de misanthropie. 20 ans apr&#232;s sa mort, Desproges reste d'une folle explosivit&#233;.

Au cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, juste en face de la tombe grande comme un piano &#224; queue de Michel Petrucciani, ou de celle, monumentale et bord&#233;e de moult fleurs en plastique, de ce Jim Morrison du XIXe si&#232;cle qu'&#233;tait Fr&#233;d&#233;ric Chopin, on trouve un tout petit lit &#224; baldaquin d'enfant. Ce minuscule jardin sauvage, c'est la tombe de Pierre Desproges. Le voil&#224; nain posthume de Petrucciani, doubl&#233; de la mouche z&#233;zayante du compositeur romantique.
Bigre : en termes de &#171; n&#233;cromat &#187; (l'audimat officiel des morts), l'humoriste limousin ne fait pas le poids. Chopin a ici ses groupies, envahissantes. Et m&#234;me Petru se la joue nouvelle star.
Personne pour pleurer les vingt ans de la mort de Desproges ? Et pour cause : contrairement &#224; ce que d'aucuns ont affirm&#233; via communiqu&#233; de presse, le 18 avril 1988 (&#171; Pierre Desproges est mort. Etonnant, non ? &#187;), Desproges est en r&#233;alit&#233; vivant. Et n'a sans doute jamais &#233;t&#233; aussi fr&#233;tillant. Certes : on ne l'entend plus tellement dans le poste. Certes, ses spectacles se font rares. Mais l'homme a d&#233;sormais pris ses quartiers dans les Lettres. On le (re)d&#233;couvre sur papier. Et l'on se rend compte, vingt ans apr&#232;s sa myst&#233;rieuse fugue, que c'est d&#233;sormais un classique. Bien plus qu'un moderne.
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      <pubDate>Wed, 13 Aug 2008 08:32:05 GMT</pubDate>
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